Six ans après la crise du Covid, les Français semblent avoir tourné la page du « quoi qu’il en coûte ». C’est l’un des principaux enseignements d’un sondage réalisé par l’Ifop pour Actifs Anonymes, dont les résultats seront présentés lors de la Nuit de la liberté organisée le 13 avril à Paris.
L’étude, partagée par La Tribune, révèle une inquiétude massive face à la dette publique : 81 % des Français s’en disent préoccupés, et même 87 % lorsqu’il s’agit de son impact sur les générations futures. Pour Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop, cette évolution marque une véritable prise de conscience collective, dépassant largement les clivages politiques traditionnels.
Cette convergence se retrouve notamment sur la question budgétaire. L’idée d’interdire les déficits publics dans la Constitution recueille une large adhésion, aussi bien à droite qu’à gauche. Une homogénéisation des opinions qui traduit un changement profond dans le rapport des Français à la dépense publique.
L’inévitable baisse des pensions
Sur le fond, une majorité relative des Français considère désormais qu’il sera difficile de réduire la dette sans toucher aux pensions de retraite. Fait marquant : les retraités eux-mêmes partagent cette idée, avec 52 % d’entre eux favorables à une baisse de leurs pensions. Une position qui témoigne d’une évolution des mentalités, y compris chez les seniors.
Plus largement, le sondage met en lumière un rééquilibrage des perceptions entre générations. Une majorité de Français estime que le niveau de vie des actifs devrait être supérieur à celui des retraités, une opinion également partagée par près d’un retraité sur deux (49%). Dans le même temps, les réformes structurelles comme la fin des régimes spéciaux ou le plafonnement des pensions publiques recueillent un soutien important.
Redonner de l’intérêt au travail
En toile de fond, un sentiment domine : le travail ne paie plus suffisamment. Plus de 90 % des Français estiment que les actifs sont aujourd’hui désavantagés économiquement par rapport aux retraités. Une perception particulièrement forte chez les jeunes, même si elle est largement partagée dans toutes les catégories d’âge.
À un an de l’élection présidentielle, cette défiance s’accompagne d’un scepticisme profond vis-à-vis des responsables politiques. Plus de 80 % des Français déclarent ne pas leur faire confiance pour améliorer leur pouvoir d’achat et estiment que la réalité des finances publiques n’est pas dite clairement.
Dans ce contexte, la question de la réduction des dépenses publiques pourrait s’imposer comme un thème central du débat politique à venir.
Retrouvez la présentation de ce sondage exclusif par Actifs Anonymes lors de la Nuit de la Liberté : réservez vos places.